Cadillac: « un patrimoine d’enfermement »

« Lancement le 25 octobre d’une manifestation culturelle sur l’histoire du passé carcéral et psychiatrique de la commune, en incluant le cimetière des fous dans la mémoire collective. » Sud-Ouest du jeudi 23 octobre 2008

La ville du Langonais est connue pour son hôpital psychiatrique et l’UMD Boissonnet (Unité pour Malades Difficiles) qui reste une prison psy.

Le château de Cadillac construit à partir de 1597 par J-L Nogaret de la Valette et propriété de la famille des Ducs d’Epernon, a servi durant près de 150 ans, au XIXe et jusqu’à la moitié du XXe siècle de lieu de détention plus ou moins dur selon l’époque.

Nous commencerons la visite par la chapelle de l’Hôpital Psychiatrique avec quelques anecdotes de l’ancien aumônier et d’anciens infirmiers psy aujourd’hui retraités

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Nous visiterons ensuite une cellule de pèlerin: 2 sont toujours ouvertes pour les pèlerins de passage. 1 seule personne par cellule et qui était fermée à clef le soir. Elle dispose d’1 lit, d’1 table et 1 chaise ( douches à proximité). L’unique fenêtre est condamnée. Ci-dessous le règlement d’accueil du pèlerin …
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Ici c’est le petit en-cas du pèlerin
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La porte fermée le pèlerin ne risquait pas de s’échapper!
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Une autre porte de cellule (3 au total)
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Ce sympathique monsieur souriant est l’ancien aumônier François Barre
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Retour au château de Cadillac: ici les fossés
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L’escalier d’entrée

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Nous allons visiter les cages à poules des prisonnières du château, situées sous les combles.

De 1818 à 1890 le château est une des 8 maisons de force qui enferment les femmes condamnées aux travaux forcés ou à une peine correctionnelle supérieure à 1 an. 12 heures de travaux par jour, des locaux non chauffés, une nourriture insuffisante, une hygiène rudimentaire venaient rapidement à bout de santés déjà mal en point à l’arrivée: beaucoup de détenues finissaient à l’asile d’aliénés.
La centrale fut fermée par la IIIe République et transformée en école de préservation pour jeunes filles vivant dans des conditions sociales et familiales difficiles.
L’histoire de la prison fut aussi marquée par une mutinerie en 1938 quand les prisonnières mirent le feu au bâtiment et le suicide d’une jeune détenue (alerte d’esprit, révoltée et qui avait fait plusieurs séjours en hôpital psy). Elle fut définitivement fermée en 1952.
Ces « cages à poules » ou box individuels contenaient 1 lit et 1 tabouret: un système mécanique permettait de fermer toute une rangée à l’aide d’un seul tirant. Ces grillages étaient mis en place pour éviter toute tentation de la chair entre elles.

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Une visite de la crypte de la chapelle des Ducs d’Epernon située dans l’église de Cadillac était prévue mais faute de guide ce sera pour une autre fois. Nous avons donc décidé de nous diriger vers « le cimetière des fous » situé entre le cimetière communal et l’UMD.

Le Cimetière des fous de Cadillac

L’hôpital de CADILLAC en Gironde disposait autrefois d’un cimetière d’un millier de places, disposées autour d’un carré d’une centaine d’Anciens Combattants.

Ce cimetière a été implanté sur une parcelle de vignes achetée en 1920 par la commune de CADILLAC et attenante au cimetière communal sis au « Quartier St Martin ».
L’Arrêté préfectoral décidant de cet achat évoque « l’état des décès des six dernières années » établit dès 1918 par le Conseil Municipal, et précise : « considérant que vu le grand nombre des décès survenus à l’Asile d’Aliénés de CADILLAC, le cimetière actuel est devenu insuffisant et que son agrandissement s’impose par mesure d’hygiène publique », il est juste que cet établissement prenne à sa charge les frais d’acquisition du terrain nécessaire.
C’est donc bien le nombre massif de décès en rapport avec la Grande guerre qui motive cette décision, et c’est sans doute la raison pour laquelle un carré central de 100 tombes est consacré aux Anciens combattants « mutilés du cerveau », comme le spécifie une plaque. Le nombre total des sépultures y avoisine les 900, mais s’avère difficile à préciser, trois rangées ayant été bouleversées et laissées en l’état.
Les services techniques de l’hôpital en ont assuré l’entretien jusqu’en 1994, date à laquelle il a été cédé à la commune pour le franc symbolique. Des inhumations de patients y ont eu lieu jusqu’en 2002.
Tombé dans un état d’abandon et de consternante désolation, ce cimetière a fait l’objet d’une procédure de reprise en vue d’une « restructuration » (?), ce qui a suscité une légitime inquiétude, une importante mobilisation et de nombreux travaux.

Pour Caminarem, Martine BAJOLLE

895 tombes visibles sur un vaste espace caillouteux et désertique. Je ne rajouterai rien, les photos parlant d’elles mêmes
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Sur le mur cette plaque …
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Des croix rouillées sans nom …
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Des morts pas tout à fait oubliés …
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Dans le cimetière communal « le carré des sœurs des Filles de la Sagesse »
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La porte qui sépare les 2 cimetières avec l’unité Boissonnet au fond
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Retour vers le centre de Cadillac en passant derrière l’église
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Un petit mot pour finir: le professeur Bénézech, psychiatre, criminologue et ancien médecin-chef des hôpitaux psychiatriques affirme « que 3500 patients reposent dans ce cimetière oublié des autorités ».

Pour voir la vidéo il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous

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